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- La terre est bleue comme une orange
- Jamais une erreur les mots ne mentent pas
- Ils ne vous donnent plus à chanter
- Au tour des baisers de s'entendre
- Les fous et les amours
- Elle sa bouche d'alliance
- Tous les secrets tous les sourires
- Et quels vêtements d'indulgence
- A la croire toute nue.
- Les guêpes fleurissent vert
- L'aube se passe autour du cou
- Un collier de fenêtres
- Des ailes couvrent des feuilles
- Tu as toutes les joies solaires
- Tout le soleil sur la terre
- Sur les chemins de ta beauté.
Paul Eluard
- Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
- Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
- J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
- Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
- Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
- Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
- Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
- Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
- Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
- Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
- Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
- Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
3 septembre 1847
Victor Hugo
- Dans le bassin des Tuileries,
- Le cygne s'est pris en nageant,
- Et les arbres, comme aux féeries,
- Sont en filigrane d'argent.
- Les vases ont des fleurs de givre,
- Sous la charmille aux blancs réseaux;
- et sur la neige on voit se suivre
- Les pas étoilés des oiseaux.
- Au piédestal où, court-vêtue,
- Vénus coudoyait Phocion,
- L'Hiver a posé pour statue
- La Frileuse de Clodion.
Théophile Gautier
- I
- la chanson d'un dadaïste
- qui avait dada au coeur
- fatiguait trop son moteur
- qui avait dada au coeur
- l'ascenseur portait un roi
- lourd fragile autonome
- il coupa son grand bras droit
- l'envoya au pape à rome
- c'est pourquoi
- l'ascenseur
- n'avait plus dada au coeur
- mangez du chocolat
- lavez votre cerveau
- dada
- dada
- buvez de l'eau
- II
- la chanson d'un dadaïste
- qui n'était ni gai ni triste
- et aimait une bicycliste
- qui n'était ni gaie ni triste
- mais l'époux le jour de l'an
- savait tout et dans une crise
- envoya au vatican
- leurs deux corps en trois valises
- ni amant
- ni cycliste
- n'étaient plus ni gais ni tristes
- mangez de bons cerveaux
- lavez votre soldat
- dada
- dada
- buvez de l'eau
- III
- la chanson d'un bicycliste
- qui était dada de coeur
- qui était donc dadaïste
- comme tous les dadas de coeur
- un serpent portait des gants
- il ferma vite la soupape
- mit des gants en peau d'serpent
- et vient embrasser le pape
- c'est touchant
- ventre en fleur
- n'avait plus dada au coeur
- buvez du lait d'oiseaux
- lavez vos chocolats
- dada
- dada
- mangez du veau
Tristan Tzara
- Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
- Ce beau matin d'été si doux :
- Au détour d'un sentier une charogne infame
- Sur un lit semé de cailloux,
- Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
- Brûlante et suant les poisons,
- Ouvrait d'une facon nonchalante et cynique
- Son ventre plein d'exhalaisons.
- Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
- Comme afin de la cuire à point,
- Et de rendre au centuple à la grande nature
- Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
- Et le ciel regardait la carcasse superbe
- Comme une fleur s'épanouir.
- La puanteur etait si forte, que sur l'herbe
- Vous crûtes vous évanouir.
- Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
- D'ou sortaient de noirs bataillons
- De larves, qui coulaient comme un épais liquide
- Le long de ces vivants haillons.
- Tout cela descendait, montait comme une vague,
- Ou s'élancait en pétillant ;
- On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
- Vivait en se multipliant.
- Et ce monde rendait une étrange musique,
- Comme l'eau courante et le vent,
- Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
- Agite et tourne dans son van.
- Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
- Une ébauche lente à venir,
- Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
- Seulement par le souvenir.
- Derrière les rochers une chienne inquiete
- Nous regardait d'un oeil fâché,
- Epiant le moment de reprendre au squelette
- Le morceau qu'elle avait laché.
- Et poutant vous serez semblable à cette ordure,
- A cette horrible infection,
- Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
- Vous, mon ange et ma passion !
- Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
- Après les derniers sacrements,
- Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
- Moisir parmi les ossements.
- Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
- Qui vous mangera de baisers,
- Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
- De mes amours décomposés !
Charles Baudelaire
- Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
- Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
- Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
- Le navire glissant sur les gouffres amers.
- A peine les ont-ils déposés sur les planches,
- Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
- Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
- Comme des avirons trainer à coté d'eux.
- Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
- Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
- L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
- L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
- Le Poête est semblable au prince des nuées
- Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
- Exilé sur le sol au milieu des huées,
- Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Charles Baudelaire
- Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
- Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
- Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
- Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
- Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
- Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;
- Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
- Par la Nature, heureux- comme avec une femme.
- C'est un trou de verdure où chante une rivière,
- Accrochant follement aux herbes des haillons
- D'argent; où le soleil, de la montagne fière,
- Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons.
- Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
- Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
- Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
- Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
- Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
- Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
- Nature, berce-le chaudement: il a froid.
- Les parfums ne font pas frissonner sa narine;
- Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
- Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
- Octobre 1870
Arthur Rimbaud
- Je voudrais pas crever
- Avant d'avoir connu
- Les chiens noirs du Mexique
- Qui dorment sans rêver
- Les singes à cul nu
- Dévoreurs de tropiques
- Les araignées d'argent
- Au nid truffé de bulles
- Je voudrais pas crever
- Sans savoir si la lune
- Sous son faux air de thune
- A un coté pointu
- Si le soleil est froid
- Si les quatre saisons
- Ne sont vraiment que quatre
- Sans avoir essayé
- De porter une robe
- Sur les grands boulevards
- Sans avoir regardé
- Dans un regard d'égout
- Sans avoir mis mon zobe
- Dans des coinstots bizarres
- Je voudrais pas finir
- Sans connaître la lèpre
- Ou les sept maladies
- Qu'on attrape là-bas
- Le bon ni le mauvais
- Ne me feraient de peine
- Si si si je savais
- Que j'en aurai l'étrenne
- Et il y a z aussi
- Tout ce que je connais
- Tout ce que j'apprécie
- Que je sais qui me plaît
- Le fond vert de la mer
- Où valsent les brins d'algues
- Sur le sable ondulé
- L'herbe grillée de juin
- La terre qui craquelle
- L'odeur des conifères
- Et les baisers de celle
- Que ceci que cela
- La belle que voilà
- Mon Ourson, l'Ursula
- Je voudrais pas crever
- Avant d'avoir usé
- Sa bouche avec ma bouche
- Son corps avec mes mains
- Le reste avec mes yeux
- J'en dis pas plus faut bien
- Rester révérencieux
- Je voudrais pas mourir
- Sans qu'on ait inventé
- Les roses éternelles
- La journée de deux heures
- La mer à la montagne
- La montagne à la mer
- La fin de la douleur
- Les journaux en couleur
- Tous les enfants contents
- Et tant de trucs encore
- Qui dorment dans les crânes
- Des géniaux ingénieurs
- Des jardiniers joviaux
- Des soucieux socialistes
- Des urbains urbanistes
- Et des pensifs penseurs
- Tant de choses à voir
- A voir et à z-entendre
- Tant de temps à attendre
- A chercher dans le noir
- Et moi je vois la fin
- Qui grouille et qui s'amène
- Avec sa gueule moche
- Et qui m'ouvre ses bras
- De grenouille bancroche
- Je voudrais pas crever
- Non monsieur non madame
- Avant d'avoir tâté
- Le gout qui me tourmente
- Le gout qu'est le plus fort
- Je voudrais pas crever
- Avant d'avoir gouté
- La saveur de la mort...
Boris Vian
- À la fin tu es las de ce monde ancien
- Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin
- Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine
- Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
- La religion seule est restée toute neuve la religion
- Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation
- Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
- L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
- Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
- D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin
- Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
- Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
- Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières
- Portraits des grands hommes et mille titres divers
- J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
- Neuve et propre du soleil elle était le clairon
- Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
- Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
- Le matin par trois fois la sirène y gémit
- Une cloche rageuse y aboie vers midi
- Les inscriptions des enseignes et des murailles
- Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
- J'aime la grâce de cette rue industrielle
- Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes
- Voilà la jeune rue et tu n'es encore qu'un petit enfant
- Ta mère ne t'habille que de bleu et de blanc
- Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize
- Vous n'aimez rien tant que les pompes de l'Église
- Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette
- Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège
- Tandis qu'éternelle et adorable profondeur améthyste
- Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ
- C'est le beau lys que tous nous cultivons
- C'est la torche aux cheveux roux que n'éteint pas le vent
- C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère
- C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prières
- C'est la double potence de l'honneur et de l'éternité
- C'est l'étoile à six branches
- C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche
- C'est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs
- Il détient le record du monde pour la hauteur
- Pupille Christ de l'oeil
- Vingtième pupille des siècles il sait y faire
- Et changé en oiseau ce siècle comme Jésus monte dans l'air
- Les diables dans les abîmes lèvent la tête pour le regarder
- Ils disent qu'il imite Simon Mage en Judée
- Ils crient s'il sait voler qu'on l'appelle voleur
- Les anges voltigent autour du joli voltigeur
- Icare Enoch Elie Apollonius de Thyane
- Flottent autour du premier aéroplane
- Ils s'écartent parfois pour laisser passer ceux que transporte la Sainte-Eucharistie
- Ces prêtres qui montent éternellement élevant l'hostie
- L'avion se pose enfin sans refermer les ailes
- Le ciel s'emplit alors de millions d'hirondelles
- À tire-d'aile viennent les corbeaux les faucons les hiboux
- D'Afrique arrivent les ibis les flamants les marabouts
- L'oiseau Roc célébré par les conteurs et les poètes
- Plane tenant dans les serres le crâne d'Adam la première tête
- L'aigle fond de l'horizon en poussant un grand cri
- Et d'Amérique vient le petit colibri
- De Chine sont venus les pihis longs et souples
- Qui n'ont qu'une seule aile et qui volent par couples
- Puis voici la colombe esprit immaculé
- Qu'escortent l'oiseau-lyre et le paon ocellé
- Le phénix ce bûcher qui soi-même s'engendre
- Un instant voile tout de son ardente cendre
- Les sirènes laissant les périlleux détroits
- Arrivent en chantant bellement toutes trois
- Et tous aigle phénix et pihis de la Chine
- Fraternisent avec la volante machine
- Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
- Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent
- L'angoisse de l'amour te serre le gosier
- Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
- Si tu vivais dans l'ancien temps tu entrerais dans un monastère
- Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière
- Tu te moques de toi et comme le feu de l'Enfer ton rire pétille
- Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie
- C'est un tableau pendu dans un sombre musée
- Et quelquefois tu vas le regarder de près
- Aujourd'hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
- C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la beauté
- Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m'a regardé à Chartres
- Le sang de votre Sacré-Coeur m'a inondé à Montmartre
- Je suis malade d'ouïr les paroles bienheureuses
- L'amour dont je souffre est une maladie honteuse
- Et l'image qui te possède te fait survivre dans l'insomnie et dans l'angoisse
- C'est toujours près de toi cette image qui passe
- Maintenant tu es au bord de la Méditerranée
- Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année
- Avec tes amis tu te promènes en barque
- L'un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques
- Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs
- Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur
- Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague
- Tu te sens tout heureux une rose est sur la table
- Et tu observes au lieu d'écrire ton conte en prose
- La cétoine qui dort dans le coeur de la rose
- Épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit
- Tu étais triste à mourir le jour où tu t'y vis
- Tu ressembles au Lazare affolé par le jour
- Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours
- Et tu recules aussi dans ta vie lentement
- En montant au Hradchin et le soir en écoutant
- Dans les tavernes chanter des chansons tchèques
- Te voici à Marseille au milieu des pastèques
- Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant
- Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon
- Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide
- Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde
- On y loue des chambres en latin Cubicula locanda
- Je m'en souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda
- Tu es à Paris chez le juge d'instruction
- Comme un criminel on te met en état d'arrestation
- Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages
- Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âge
- Tu as souffert de l'amour à vingt et à trente ans
- J'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps
- Tu n'oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter
- Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a épouvanté
- Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
- Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants
- Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
- Ils ont foi dans leur etoile comme les rois-mages
- Ils espèrent gagner de l'argent dans l'Argentine
- Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune
- Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre coeur
- Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels
- Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent
- Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges
- Je les ai vus souvent le soir ils prennent l'air dans la rue
- Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs
- Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque
- Elles restent assises exsangues au fond des boutiques
- Tu es debout devant le zinc d'un bar crapuleux
- Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux
- Tu es la nuit dans un grand restaurant
- Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant
- Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant
- Elle est la fille d'un sergent de ville de Jersey
- Ses mains que je n'avais pas vues sont dures et gercées
- J'ai une pitié immense pour les coutures de son ventre
- J'humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche
- Tu es seul le matin va venir
- Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues
- La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive
- C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive
- Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie
- Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie
- Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied
- Dormir parmi tes fétiches d'Océanie et de Guinée
- Ils sont des Christ d'une autre forme et d'une autre croyance
- Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances
- Adieu Adieu
- Soleil cou coupé
Guillaume Apollinaire